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vanité, à nouveau mise au goût du jour par une pléthore
d’artistes envahit l’art contemporain. Le crâne est partout:
dans toutes les galeries, toutes les foires, tous les musées. En
particulier grâce à l’oeuvre Pour l’amour de Dieu
de D. Hirst: un crâne étincelant et souriant recouvert de 8601
diamants. Trois siècles séparent la nature morte au crâne de P. de Champaigne et les artistes contemporains. Au delà de l’allégorie, le crâne contemporain condense toutes les questions de la représentation. Plutôt qu’une démonstration collective, les crânes proposent désormais une relation intime, à sa propre mort, à toute finitude. En couvrant de miroirs une tête de mort, B. Peinado montre que le reflet est symbole de la fragilité de la vie et de la duperie des apparences. Il en est du même désir illusoire d’arrêter le temps dans la démarche de D. Gordon. En peignant des crânes, des artistes comme G. Richter et A. Wahrol reprennent les attaques du baroque contre l’illusionnisme, en leur donnant une envergure contemporaine. Les vanités de Wahrol renvoient toutes à une position paradoxale du moi: “je ne suis rien, je ne suis personne...de l’omniprésence du présent en une société de super-spectacle“. Dans sa démarche Philippe Jacquin-Ravot tente vainement d’aller au bout du bout du sujet. Il use de l’image et de la technique jusqu’à épuisement de celles -ci. 8 x 8 = 64 vues d’un crâne: une série de 64 vanités nous rappelle que nous sommes mortels et que le temps passe. Un crâne féminin ou masculin ? Rien ne l’indique ! Il tourne et retourne son sujet dans tous les sens, pour en faire des représentations intimes et multiples. Dessiné sous tous les angles et toutes les sutures, ce crâne est soumis à un jeux de règles techniques et mécaniques, de tactiques graphiques. |
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| Texte
de Marie-Agnès Charpin |
la spirale, espace d'exposition du Toboggan Décines | du
27 02 2009 au 26 03 2009 |
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