Ce qui n’existe pas ou plus, on le fabrique : PJR s’est bricolé son propre craniophore.

Aux Puces, une binoculaire spéciale-arborescence, oui ça peut arriver, mais un craniomètre, type Sarlandière ou Général Pitt Rivers, aucune chance. Mais qui donc irait chercher ça, là ou ailleurs ? Mesurer, c’était avant.

Pourquoi le dispositif construit sur sa table par PJR pour tenir la chose m’évoque-t-il autant lAutoportrait d’El Lissitsky de 1929, grille centimétrée, compas ouvert au bout des doigts, œil dans la main, front vaste et lisse comme un oursin fossile…?

Dans son Ostéographie de 1733, William Cheselden montre le dispositif utilisé pour ses illustrations anatomiques. Une longue caisse de bois, presque un cercueil, et à une de ses extrémités l’artiste, assis. De l’autre côté, la chambre noire, fermée par un panneau muni d’une lentille convergente donnant une image renversée sur la surface dépolie où, en suivant les lignes de l’objet qui s’y projette, Cheselden dessine.
Ainsi, le squelette est pendu tête en bas, parce qu’on ne se fie pas au dessin “à main levée”.

Il n’est pas d’homme d’avant-hier, Philippe, il n’est pas d’homme d’après-demain : prends garde à ne pas aplatir ni à courber par trop le sphénoïde. S’est-il dit ça ?
A-t-il vraiment songé qu’un mauvais crayon, une légère méforme, un café trop serré peuvent écraser des millions d’années ?

   
                   
 
   
         
    Texte de Philippe Grand  

… autour de soixante-quatre fois
un soixante-quatrième
de tour

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  2005  
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