Les arbres de PJR sont la matière première, la cellule-mère qui pourra accoucher de Bonsaïs comme de jardins d’agrément, ou bien même de statues d’arbre en synthétique ou encore d’hologrammes, de stickers,… les arbres ont été dénaturalisés, non seulement car PJR nous les présente comme des arborescences, c’est-à-dire des abstractions, mais aussi parce que l’homme va projeter sur ses arbres son envie de les posséder, de les appréhender à leur guise (voir fig. 5). Cette image idéale, où se réalise-t-elle, où peut-elle être observée si ce n’est dans l’œil de l’individu qui tient la porte de son cerveau ?
Cela expliquerait dès lors pourquoi les arbres sont renversés. Ils seraient les images rétiniennes (réduite à l’échelle) qu’on peut trouver dans l’œil de celui qui regarde un arbre : image de l’enveloppe de l’œil, pellicule d’arbre ou simulacre d’arbre selon la définition d’Epicure 5. Les arbres reportés sur le papier seraient donc des simulacres d’arbres posés sur la rétine de PJR. L’expérience imaginaire que j’ai vécu entre ces trente-six a été d’imaginer le peintre peignant sur sa propre rétine ce qu’elle reflète, comme un calque tout prêt de sa perception. Imaginer l’œil grand ouvert de PJR et en prélever la couche infiniment mince et humide que le papier va boire.




5 Les simulacres sont « les images qui ont la même forme que les objets réels et se distinguent des phénomènes par leur finesse extrême » (Lettre à Hérodote). Ils se détachent de la surface des corps comme des pellicules élastiques minces et creuses, et se concrétisent à travers le vide et « pénètrent en nous » pour nous faire voir et penser.

   
                     
 
   
         
    Texte de François Beaune

  De l'usage des nuages-
36 exemples d'arborescence

  page 9/10   2004  
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