Puis à force de vouloir tremper les arbres de PJR dans l’eau, une autre image me vient à l’esprit, celle de l’arbre l’arbre-éprouvette (voir fig. 3). Les arbres de PJR seraient un jeu de réduction, une technologie de précision. Comme une mémoire ADN d’arbre. L’arbre comme on l’a dit est symbole de durée et donc aussi de mémoire. Dans Farenheidt 451 de Ray Bradbury, les livres se réinscrivent dans les arbres, le livre symbole de mémoire a la même étymologie que l’arbre, le bouquin est une bûche. En tant qu’échantillons les arbres de PJR conservent une somme de mémoire, à la complexité miniature. Les arbres de PJR sont peut-être une commande de la NASA. Ils figurent avec le chant des baleines dans les colis postaux destinés aux extra-terrestres. Je veux dire qu’ils sont une image synthétique de ce qui pousse sur terre.
Cette idée d’échantillons-éprouvette me semble intéressante, car elle fait le lien avec l’intuition première d’être en train d’assister à une expérience imaginaire. En tant qu’échantillons, les arbres de PJR ne sont des répliques réalistes de la nature. Ils ont été préparés, synthétisés, dépouillés de leur sauvagerie (voir fig. 4). N’est pas conservée par exemple l’idée inquiétante d’une forêt pleine, opaque, ou bien même d’un arbre dépendant d’un environnement, d’un sol mais seulement une forme qui semble transposable, modulable en proportion à l’échelle souhaitée.

 

   
                     
 
   
         
    Texte de François Beaune

  De l'usage des nuages-
36 exemples d'arborescence

  page 8/10   2004  
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